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Loi 25 et publicité Facebook : ce que les PME du Québec doivent savoir

Par Nordify Marketing · Publié le · Mis à jour le

La Loi 25 s’applique à la publicité Facebook d’une PME québécoise dès qu’elle recueille des renseignements personnels : par le pixel Meta sur son site, un formulaire de leads ou une liste de clients. En pratique, il faut informer les gens, obtenir un consentement valide aux témoins publicitaires, publier une politique de confidentialité et nommer un responsable. Elles restent les vôtres même si une agence de publicité Meta gère vos campagnes. Ce guide vulgarise ; il ne remplace pas un avis juridique.

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La Loi 25 s’applique-t-elle à la publicité Facebook d’une PME ?

Oui, la Loi 25 s’applique à la publicité Facebook d’une PME. Elle a modernisé la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé, qui vise toutes les entreprises, peu importe leur taille. Elle s’applique dès qu’une PME recueille, détient, utilise ou communique un renseignement permettant d’identifier une personne, directement ou indirectement. La publicité Facebook touche ces quatre gestes à la fois.

Trois moments de la publicité Meta sont concernés :

  • Sur votre site Web. Le pixel Meta et les outils analytiques recueillent des données de navigation. La Commission d’accès à l’information (CAI) range explicitement les « outils analytiques Web » parmi les moyens de collecte.
  • Dans un formulaire de leads. Un nom, un numéro de téléphone, un courriel et la réponse à une question de qualification sont des renseignements personnels.
  • Dans votre suivi. Les demandes stockées dans un CRM, relancées par courriel ou transmises à un fournisseur restent sous votre responsabilité.

Une entreprise de rénovation de la Beauce qui fait tourner une campagne de leads a les mêmes obligations de base qu’une chaîne de magasins, proportionnées à ses activités.

Le pixel Meta est-il permis au Québec depuis la Loi 25 ?

Oui, le pixel Meta est permis au Québec, mais pas n’importe comment. Quand une technologie permet d’identifier, de localiser ou de profiler une personne, la loi exige que ces fonctions soient désactivées par défaut et que la personne soit informée des moyens de les activer. Le pixel sert au reciblage et à la création d’audiences : la lecture prudente est de ne l’activer qu’après un consentement.

La loi définit le profilage comme la collecte et l’utilisation de renseignements pour évaluer certaines caractéristiques d’une personne, notamment ses préférences, ses intérêts ou son comportement. C’est exactement ce que fait un pixel qui alimente des audiences publicitaires.

Dans ses lignes directrices sur le consentement, la CAI donne l’exemple d’un site qui déduit les intérêts de ses lecteurs grâce à des témoins (cookies). Comme cette technologie permet le profilage, le site affiche une fenêtre à la première visite et explique comment activer les témoins.

Meta va dans le même sens. Ses conditions d’utilisation des outils professionnels exigent un avis clair sur chaque page où un pixel est utilisé et, là où la loi l’exige, un consentement obtenu avant le dépôt des témoins. Techniquement, le pixel se met en pause avec la commande fbq('consent', 'revoke') et ne s’active qu’à fbq('consent', 'grant'), une fois le consentement donné.

L’API Conversions, qui envoie les événements depuis votre serveur plutôt que depuis le navigateur, ne change pas la règle : elle doit suivre le même consentement. Notre guide sur le pixel Meta et l’API Conversions explique comment les deux s’articulent.

Quelles sont les règles d’un consentement valide aux témoins ?

Un consentement valide, selon la Loi 25, doit être manifeste, libre, éclairé et donné à des fins spécifiques. La CAI précise qu’il doit aussi être granulaire, compréhensible, temporaire et demandé distinctement de toute autre information. Pour un bandeau de témoins, ça veut dire des choix par catégorie, en termes simples, et un refus aussi accessible que l’acceptation.

Voici comment les huit critères de la CAI se traduisent sur un site qui utilise le pixel Meta :

Critère de la CAICe que ça veut dire pour vos témoins
ManifesteUn geste clair de la personne, pas une case précochée ni un « en continuant, vous acceptez ».
LibreUn vrai choix : refuser les témoins publicitaires n’empêche pas de consulter le site.
ÉclairéLa personne sait ce que fait le pixel, et qui reçoit les données : Meta.
SpécifiqueChaque fin est nommée : mesure d’audience, publicité.
GranulaireUn choix par catégorie, pas un seul bouton pour tout.
CompréhensibleDes mots simples, pas un paragraphe juridique.
TemporaireLe choix n’est pas éternel ; il se redemande après un certain temps.
DistinctLa demande n’est pas noyée dans les conditions d’utilisation.

La CAI ajoute qu’un consentement peut être retiré en tout temps, par un moyen simple : un lien « Gérer mes témoins » au bas de chaque page suffit.

Sur notre propre site, c’est la mécanique retenue : deux catégories, mesure d’audience et publicité, un bouton « Refuser » au même niveau que « Tout accepter », et aucun envoi vers Meta, ni par le pixel ni par notre serveur, sans accord à la publicité.

Que doit contenir la politique de confidentialité d’une PME qui annonce sur Facebook ?

Depuis le 22 septembre 2023, une entreprise qui recueille des renseignements personnels par un moyen technologique doit publier une politique de confidentialité en termes clairs et simples, sur son site Web si elle en a un. Pour une PME qui annonce sur Facebook, cette politique doit nommer le pixel, ses fins, Meta comme destinataire et la possibilité que des données sortent du Québec.

Le guide de la CAI pour rédiger une politique de confidentialité suggère d’y inclure :

  1. Les moyens de collecte : formulaires, témoins, pixel, formulaires de leads.
  2. Les personnes qui recueillent pour vous : votre agence, votre fournisseur de CRM, Meta.
  3. Les technologies d’identification, de localisation ou de profilage, et la manière de les activer.
  4. Les renseignements recueillis et leurs fins : rappeler une demande, mesurer une campagne, bâtir une audience.
  5. Les moyens de refuser et leurs conséquences, par exemple refuser les témoins et utiliser le site quand même.
  6. Qui y a accès à l’interne, à qui ils sont communiqués, et s’ils peuvent sortir du Québec.
  7. Les droits d’accès, de rectification et de retrait du consentement, et les coordonnées du responsable.

Ne la fusionnez pas avec vos conditions d’utilisation : ce sont deux documents distincts.

Quelles règles s’appliquent aux formulaires de leads Facebook ?

Un formulaire instantané de Meta recueille des renseignements personnels au nom de votre entreprise : la Loi 25 s’applique comme pour un formulaire sur votre site. Vous devez informer la personne des fins de la collecte, de ses droits et des destinataires. Meta présente le lien vers la politique de confidentialité comme facultatif ; au Québec, prévoyez-le quand même, avec un avis clair.

Ce que Meta permet de faire dans un formulaire instantané :

  • Ajouter un lien vers votre politique de confidentialité. Il ne peut pas pointer vers un fichier PDF ni vers un téléchargement direct.
  • Ajouter un avis personnalisé, avec des cases à cocher. Une case peut être obligatoire ou facultative. Utilisez une case facultative et distincte pour l’abonnement à une infolettre : c’est une autre fin que le rappel de la demande.
  • Expliquer pourquoi vous demandez les coordonnées. Meta le recommande, et demande de ne contacter les gens que pour la fin annoncée.

Meta interdit aussi certaines questions, notamment sur la santé, la situation financière, les numéros d’identification gouvernementaux ou l’orientation sexuelle. Ces interdits recoupent la notion de renseignement sensible de la Loi 25, qui appelle dans plusieurs cas un consentement exprès. Ne demandez que ce qui sert à rappeler et à qualifier la demande.

Le raisonnement vaut aussi pour une page d’atterrissage. Notre guide formulaire instantané ou page d’atterrissage compare les deux options sur le fond.

Peut-on relancer un lead Facebook par courriel ou par texto ?

Oui, une PME peut relancer un lead Facebook pour répondre à sa demande. Une personne qui remplit un formulaire pour obtenir une soumission s’attend à être rappelée : c’est la fin annoncée. Pour de la prospection commerciale au-delà de cette demande, la Loi 25 exige de vous identifier et d’informer la personne de son droit de retirer son consentement. La loi fédérale anti-pourriel ajoute ses propres règles pour les courriels et textos.

Quelques repères :

  • Répondre à la demande : rappeler, envoyer la soumission demandée, fixer un rendez-vous. C’est la fin primaire de la collecte.
  • Faire de la prospection : envoyer des promotions, une infolettre, des offres sur d’autres services. Identifiez-vous, offrez un moyen simple de se retirer, et cessez d’utiliser les renseignements à cette fin dès que la personne le demande.
  • Respecter la Loi canadienne anti-pourriel (LCAP). Selon les lignes directrices du CRTC, une demande de renseignements crée un consentement tacite à recevoir des messages électroniques commerciaux pendant six mois. Au-delà, ou pour une liste d’infolettre, il faut un consentement exprès. Chaque message doit identifier l’expéditeur et offrir un mécanisme de désabonnement.

Une demande rappelée tôt n’a d’ailleurs pas besoin d’une longue séquence de relances. Notre guide sur le suivi des leads dans un CRM détaille la méthode.

Les données qui sortent du Québec posent-elles problème ?

Les renseignements personnels qui sortent du Québec ne sont pas interdits, mais encadrés. Meta, la plupart des CRM et bien des outils d’infolettre sont établis hors du Québec. Avant de communiquer des renseignements personnels à l’extérieur du Québec, la CAI demande d’évaluer s’ils y bénéficieront d’une protection adéquate, et de conclure une entente écrite. La politique de confidentialité doit aussi mentionner cette possibilité.

Pour une PME, ça se traduit par trois gestes :

  • Dresser la liste des outils qui reçoivent des renseignements personnels : Meta, CRM, courriel, prise de rendez-vous, agence.
  • Évaluer chaque fournisseur (sécurité, hébergement, conservation) et garder une trace de cette évaluation.
  • Encadrer les mandataires par écrit. Un fournisseur ou une agence qui manipule vos demandes doit s’engager à les garder confidentielles, à ne les utiliser que pour son mandat et à ne pas les conserver après la fin du contrat.

Téléverser une liste de clients dans Meta pour créer une audience personnalisée est une communication de renseignements personnels à une entreprise établie hors du Québec. Avant de le faire, vérifiez que vos clients ont été informés de cette utilisation, et validez l’approche avec un conseiller juridique.

Qui est responsable, et que risque une PME qui ne se conforme pas ?

Dans une PME, la personne ayant la plus haute autorité, souvent le propriétaire, est responsable par défaut de la protection des renseignements personnels. Elle peut déléguer cette fonction par écrit, mais reste imputable. Son titre et ses coordonnées doivent être publiés sur le site Web. En cas de manquement, la CAI peut imposer des sanctions administratives pécuniaires.

Les obligations de base, en bref :

  • Nommer et afficher le responsable de la protection des renseignements personnels.
  • Adopter des règles de gouvernance proportionnées : conservation et destruction, rôles, traitement des plaintes.
  • Gérer les incidents de confidentialité, comme une boîte courriel piratée ou un CRM exposé : tenir un registre et aviser la CAI et les personnes concernées quand l’incident présente un risque de préjudice sérieux.

Côté sanctions, la CAI indique que les sanctions administratives pécuniaires imposées aux entreprises peuvent atteindre 10 millions de dollars ou 2 pour cent du chiffre d’affaires mondial ; les amendes pénales vont plus loin encore. Pour une PME, le risque le plus concret reste souvent une plainte de client.

La conformité et la bonne publicité vont dans le même sens : un site qui dit franchement ce qu’il mesure, un formulaire qui ne demande que l’essentiel, des demandes rappelées vite. Notre page sur la génération de leads montre comment ce suivi s’organise, du formulaire jusqu’à l’appel, et celle sur l’acquisition de clients, jusqu’au contrat signé.

Questions fréquentes

La Loi 25 s’applique-t-elle aux travailleurs autonomes et aux très petites entreprises ?

Oui, la Loi 25 s’applique aux travailleurs autonomes et aux très petites entreprises. Elle vise toute personne qui exploite une entreprise et recueille des renseignements personnels, peu importe sa taille. Les obligations, comme les règles de gouvernance, doivent être proportionnées à la nature et à l’importance des activités. Une petite entreprise a donc des obligations plus légères en pratique, mais pas d’exemption.

Un bandeau de témoins est-il obligatoire au Québec ?

La loi n’impose pas un bandeau en particulier. Elle exige que les fonctions de profilage, d’identification ou de localisation soient désactivées par défaut et que la personne sache comment les activer. Pour un site qui utilise le pixel Meta à des fins publicitaires, un bandeau de consentement par catégorie est le moyen le plus simple de s’y conformer.

Google Analytics et le pixel Meta demandent-ils le même consentement ?

Pas nécessairement. La mesure d’audience et la publicité sont deux fins distinctes, et le consentement doit être granulaire. Le pixel Meta, qui sert au reciblage et aux audiences, correspond à la définition légale du profilage dans la plupart de ses usages. Pour la mesure d’audience, la bonne pratique est de demander aussi un consentement, dans une catégorie séparée.

Les leads reçus par un formulaire instantané m’appartiennent-ils ?

Les leads sont recueillis pour votre entreprise, qui en devient responsable au sens de la Loi 25. Téléchargez-les ou connectez-les à votre CRM, protégez l’accès, et ne les utilisez que pour la fin annoncée dans le formulaire. Définissez aussi combien de temps vous les conservez.

Mon agence de publicité Meta est-elle responsable de la conformité à ma place ?

Non. L’entreprise pour qui les renseignements sont recueillis en reste responsable, même si une agence de publicité Meta gère ses campagnes et ses formulaires. L’agence agit comme mandataire : son rôle et ses obligations de confidentialité doivent être écrits dans l’entente. Avant de signer avec une agence Facebook Ads, demandez-lui comment elle gère le consentement, le pixel et l’accès à vos demandes.

Où trouver les textes officiels sur la Loi 25 ?

La Commission d’accès à l’information du Québec publie des pages pour les entreprises, des lignes directrices sur le consentement et un guide pour rédiger une politique de confidentialité. Le texte de loi est sur LégisQuébec, sous la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé. En cas de doute, consultez un avocat.

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